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À la coopérative de Bollène dans la Drôme

TROIS CULTURES EN DEUX ANS, AVEC UN TOURNESOL OU UN SORGHO OU UN MAÏS SUPPLÉMENTAIRE

Les prix élevés des matières premières ouvrent de nouvelles perspectives. Il devient rentable de cultiver une culture supplémentaire en été dans les zones suffisamment précoces. C’est le cas dans le Vaucluse et la Drôme.

25 septembre 2008 Nicole Ouvrard Vu 2467 fois 1 réactions
Le 16 juillet 2008, Samuel Douville, Gérard Millon
et Denis Maucci (de gauche à droite) observent
le tournesol semé le 30 juin au lendemain de la récolte de pois.

Le 16 juillet 2008, Samuel Douville, Gérard Millon et Denis Maucci (de gauche à droite) observent le tournesol semé le 30 juin au lendemain de la récolte de pois. - © N. Ouvrard

«Le tournesol est à un prix attractif et nous avons le matériel pour l’implanter. Cela fait plusieurs années que j’ai envie de mettre en place une culture en dérobée entre la mijuin, date des récoltes dans notre région, et la mi-octobre, date de semis du blé suivant. » Gérard Millon, agriculteur à Bollène, dans le Vaucluse, s’est lancé cet été dans l’aventure de la culture de tournesol de cent jours. L’initiative vient de la société Pioneer Semences qui met sur le marché une variété de tournesol très particulière capable d’arriver à maturité en ce temps record. Elle accompagne ce lancement d’un concept original appelé Alterna. « L’objectif est de maximiser l’outil de production en faisant en sorte de cultiver trois cultures sur deux ans, explique Samuel Douville, agronome de Pioneer couvrant la zone Centre-Est. Notre démarche va au-delà de la simple culture en dérobée car nous prenons garde d’adapter la conduite agronomique des trois cultures pour qu’aucune ne soit pénalisée. »

LES SEMIS ONT ÉTÉ RETARDÉS
Les cultures Alterna ne peuvent être envisagées que dans les zones géographiques où les récoltes sont suffisamment précoces. « Toute la moitié sud de la France peut être concernée, précise Samuel Douville, à condition que les parcelles soient équipées en irrigation. » C’est le cas du secteur couvert par la coopérative de Bollène, dans le nord du Vaucluse et le sud de la Drôme. « L’équipe de Pioneer est venue nous présenter le projet début mai et cela nous a tout de suite intéressé, souligne Denis Maucci, directeur de la coop de Bollène. Nous étions en recherche d’une telle démarche et ça nous intéresse de remplir davantage nos silos ! » Banco, dès la mi-mai, une quinzaine d’agriculteurs sont convaincus et se tiennent près à semer une culture dérobée dès le lendemain de la récolte. « Il est essentiel de semer très vite afin de préserver l’humidité du sol. » Mais c’était sans compter sur la météo. « Il n’a pas cessé de pleuvoir du 20 mai au 15 juin ; c’est du jamais vu chez nous », remarque Gérard Millon. Les récoltes ont été retardées de deux semaines. Certains agriculteurs, pourtant motivés, ont dû renoncer à implanter leur tournesol. « Nous sommes très soucieux de ne pas empiéter sur la culture suivante, et nous jouons franc jeu avec les agriculteurs, quitte à les dissuader s’il y a un risque », insiste l’agronome de la société semencière.Mais la pluie a eu aussi du bon : le sol étant humide, les levées de tournesol ont été excellentes et n’ont pas nécessité d’irrigation, ce qui devrait être le cas en temps normal.


SORGHO EN ZONE IRRIGABLE
Serge Hugouvieux, autre agriculteur sur la commune de Bollène, n’est pas de cet avis. « J’ai fait le choix du sorgho car je cultive du tournesol de semences, ce qui m’oblige à respecter un délai de trois ans sur la rotation du tournesol », argumente-t-il. Il a semé son sorgho le 3 juillet, le lendemain de la récolte de son blé dur, bien en retard, avec une technique simplifiée. « Deux passages de covercrop ont suffit et j’ai choisi une des variétés les plus précoces du marché, en l’occurrence Québec. »

ÉCONOMIE ET ÉCOLOGIE
Un désherbage et un à deux tours d’eau devraient être les seules interventions. «Ma motivation est à la fois économique avec les prix élevés, et écologique car j’ai une couverture du sol en été et au début de l’automne. » Serge Hugouvieux estime qu’au-delà de 30 quintaux par hectare, son sorgho en dérobée sera rentable. « J’espère bien en récolter 50 ! » Mais il met en garde: cette technique n’est pas généralisable à toute l’exploitation. Elle ne s’appliquera que sur les parcelles irrigables et avec un précédent céréales à paille (blé dur ou orge). Tournesol, sorgho… quelle autre culture pourrait entrer dans cette démarche? Le maïs bien sûr, mais il ne faut pas tabler sur 100 quintaux par hectare… !

 

- © N. Ouvrard

« Compter 400 à 500 euros de marge nette »
Samuel Douville, agronome chez Pioneer Semences

« Avant de lancer le concept Alterna, nous avons bien analysé les contraintes et les risques du fait de l’introduction d’un tournesol ou d’un maïs supplémentaire dans la rotation. Nous avons établi des cartes précisant les fenêtres de date de semis en fonction des zones et du climat, de façon à sécuriser la culture suivante. Nous accompagnons les agriculteurs dans la démarche. Attention: pour la mettre en oeuvre, nous avons sélectionné des hybrides bien particuliers : la variété de tournesol Antonil issue de notre catalogue européen adapté à l’est de l’Europe, et plusieurs variétés de maïs très précoces. Les essais que nous avons conduits sur plusieurs années montrent que l’on peut espérer un rendement de 15 à 25 quintaux/hectare en tournesol et de 50 à 100 quintaux en maïs. Il faut prévoir un à deux tours d’eau pour le tournesol mais quatre ou cinq pour le maïs. On peut espérer une marge nette de 400 à 500 euros par hectare avec les prix actuels du tournesol et du maïs. »

 

 

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  1. 1

    j'ai semé tous les ans 70ha mais en dérobé de 2003 à 2007 avec des rendements de 70 à 100 qx et depuis 2008 je l'ai remplacé par du tournesol.les rendements varient de 20 à plus de 30 qx,je suis trés satisfait!!Les parcelles concernées sont en double culture tous les ans depuis 2003 et le gain agronomique est remarquable!!! Je souhaiterai échanger sur cette technique innovante.

    pages - le 27 décembre 2009 à 16:13:04

 
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