Vendredi 18 mai - Saint Eric REUSSIR GRANDES CULTURES  »
Vous êtes iciAccueil Economies et MarchésCe qui fait flamber le prix du sucre
Prix mondial élevé en perspective

Ce qui fait flamber le prix du sucre

Demande en éthanol, croissance de la production saturée au Brésil et accord européen sur le règlement sucre pèsent lourd sur le marché.

16 février 2006 Emmanuel Baratte Vu 748 fois

Alors que les Européens viennent de s´entendre pour programmer la réduction de leur production à 75 % de leurs besoins, le cours mondial du sucre atteint ses plus hauts niveaux jamais atteints depuis 1995.
Trois éléments sont à l´origine de cette flambée. D´abord, l´incontournable Brésil présente quelque essoufflement dans son ambition de fournisseur universel du précieux cristal. Les cours reflètent la croissance de la demande de bioéthanol qui s´est singulièrement emballée sur le marché intérieur brésilien (+ 8 à 9 % par an) comme sur la place mondiale. Au Brésil, la progression de la culture de canne et des outils de transformation suit avec trop de lenteur le rythme de la demande, bien que prévue en progression de 40 %, d´ici 2010, selon une note de la CGB citant les estimations de l´Unica, l´organisation des sucriers et éthanoliers brésiliens. « L´ensemble des 40 à 50 installations sucrières qui devraient être mis en route d´ici 2010 ne comblerait qu´entre la moitié et les deux tiers de la quantité nécessaire pour répondre à la demande des quatre prochaines années. »

Le real a pris 40 % depuis mai 2004
Toujours au Brésil, l´appréciation du real a eu un impact majeur sur l´évolution des cours du sucre. La monnaie brésilienne a pris « 40 % depuis mai 2004, diminuant d´autant les revenus des exportateurs brésiliens », analyse la CGB(1) selon laquelle, la détermination de la Banque centrale du pays à maintenir cette politique de rigueur monétaire « devrait soutenir sur le long terme les marchés du sucre ».
Dans ce contexte d´érosion de la compétitivité brésilienne, s´ajoute un renchérissement des coûts de production industriels dont l´origine proviendrait de la hausse des matériaux et intrants liée à la croissance mondiale et des freins logistiques notoires liés à l´inadaptation des routes et voies ferrées en nombre insuffisant.

Le troisième facteur intégré par le marché tient à l´anticipation de la réforme du règlement sucre européen. L´Union européenne fournit jusqu´ici 10 % des échanges mondiaux. Avec des exportations européennes entravées, la part du Brésil, aujourd´hui de 40 %, devra en toute logique augmenter face à une demande mondiale en constante progression et alors que la production apparaît stagnante ailleurs dans le monde. Le Brésil aura-t-il la capacité de répondre dans les temps à la hausse de sa consommation d´éthanol et à la demande mondiale ? A court terme, il existe chez certains analystes des craintes que ses exportations reculent. Une certitude en tout cas. Avec une telle part de marché brésilienne, « un incident climatique, comme dans le Centre sud du Brésil en 1999-2000 qui avait réduit la production de 20 %, entraînerait une réaction sans précédent des marchés », souligne la CGB.
Alors que les Européens viennent de se mettre d´accord pour restructurer leur production betteravière, les prix flambent à New York. ©B. Compagnon

En savoir plus
 La consommation mondiale de sucre augmente de 2 % par an passant de 118 à 145 millions de tonnes entre 1996 et 2005.
 Les stocks ne représentent plus que 42,3 % de la consommation contre 48,7 % il y a deux ans.
 La production des grandes zones exportatrices stagne ou baisse. L´Australie, troisième exportateur mondial, a produit 5,4 millions de tonnes en 2004-2005 à comparer à une moyenne de 5,55 millions de tonnes sur la période 1995-2000. Idem en Afrique du Sud (2,39 millions de tonnes contre une moyenne de 2,56). Chute de 7,3 à 5,4 millions de tonnes en Thaïlande en deux ans. Et à Cuba : 3,3 millions de tonnes en 1995-1996 à 900 000 tonnes en 2004-2005.

(1) Confédération générale des planteurs de betterave.
 

 

 
les adresses emails ne sont pas affichées dans les commentaires

Caractères restants - Le HTML n'est PAS accepté

Recopiez le code dans ce champ :
Code de sécurité anti spam charger un nouveau code

J'accepte les conditions d'utilisation *

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. REUSSIR GRANDES CULTURES se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises, qui n'engagent que leurs auteurs.

* = obligatoire !
Vous avez aimé cet article et vous désirez le faire connaître ?
Vous pouvez facilement intégrer un lien vers celui-ci sur votre site en copiant ce code :
Cet article vous a plu ?
Retrouvez, chaque mois, toute l'information dans votre revue REUSSIR GRANDES CULTURES
Ne passez plus à côté de l'info : » Abonnez-vous

Droits de reproduction et de diffusion réservés © Copyright 2012 - Groupe Reussir REUSSIR GRANDES CULTURES.
Usage strictement personnel. L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la licence de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.

 
 

Les vidéos

  • Chemin de fer
  • Mais des pluis inégales selon les régions - Interview de Cyrille Duchesne, Météorologue Météo Consult
  • AREFA : le métier d'agent d'élevage porcin
  • Leçon de conduite en vidéo
  • Le point culture
  • Recrutement.
  • Interview
  • Interview Sébastien VIDAL
  • Section ovine
  • Interview président FNSEA
  • Assemblée générale commune
  • Résumé
  • Exposants congrès EDT
Plus de vidéos

Recherche par mots-clés

Les articles les plus...

Les derniers commentaires

 
 
 
 
 

À la une dans les régions

Plus d'articles en région