Le tri optique vous fait gagner du temps
Avant leur commercialisation, les pommes de terre sont calibrées, nettoyées et surtout triées. Cette dernière étape est importante mais coûteuse en main-d’oeuvre, d’où l’intérêt d’utiliser un trieur optique.Apparues il y a une dizaine d’année, ces machines ont profité de l’évolution des performances informatiques pour améliorer la régularité et la qualité du tri à des cadences de travail toujours croissantes. Les trieurs, autonomes, nécessitent toutefois le paramétrage et le contrôle visuel de l’homme pour rattraper toutes erreurs d’analyses ou de mauvaises éjections. Quoi qu’il arrive, les pommes de terre doivent être lavées pour pouvoir être ensuite correctement examinées par le trieur optique. « Une machine trie entre 10 et 30 tonnes par heure, selon le modèle du trieur et le calibre des tubercules » précise Michel Martin, ingénieur chez Arvalis-Institut du végétal.
TRAITER AU MOINS 10 000 TONNES
Deux technologies différentes équipent les machines. Il y a celles équipées de caméras LCD qui analysent à plusieurs reprises les tubercules sur un fond d’image de couleur homogène. Ou celles bénéficiant de deux rangées de diodes électroluminescentes qui analysent le tubercule au vol, lors de sa chute. Toutes les machines trient les tubercules verdis, endommagés, pourris… Elles permettent la constitution de différents lots selon la qualité et parfois même le calibre des tubercules. Il suffit alors de déterminer un seuil d’acceptabilité pour chaque défaut. Ces automates nécessitent un entretien régulier des rouleaux, des objectifs ou des diodes. « Un trieur optique coûte de 100 000 à 200000 euros, voire plus selon le modèle. À cela il est nécessaire d’ajouter le coût de l’aménagement de la ligne de lavageconditionnement pour intégrer le matériel. De ce fait leur rentabilité passe par une capacité de conditionnement annuelle suffisamment importante. Ces machines semblent ainsi destinées aux négoces, collecteurs, conditionneurs ou producteurs- vendeurs spécialisés traitant au moins 10000 tonnes de pommes de terre par an » souligne Michel Martin.
EN BASSE-NORMANDIE
« Un quart d’heure à deux pour trier une tonne de grenailles »
Les établissements Duchemin, installés à Tourville-sur-Odon dans le Calvados, commercialisent 12 000 tonnes de pommes de terre par an. Et ce chiffre semble appelé à s’accroître. Pour trier la production, l’entreprise a en effet investi dans un système optique électronique de marque Odenberg, qui trie les tubercules au vol. « Je souhaitais un trieur optique peu encombrant », explique Christian Duchemin. L’outil tourne depuis le 10 juillet dernier. « Nous bénéficions d’une capacité de production plus importante et d’une meilleure qualité du tri. » La machine est fiable, elle ne fatigue pas et ne se trompe pas. « Pour trier une tonne de petites pommes de terre comme les grenailles, je prévoyais 1 heure15 et quatre personnes. À ce jeulà, le trieur optique est imbattable. Pour la même quantité : comptez un quart d’heure et deux salariés », précise l’entrepreneur.
BIENTÔT 15 000 TONNES
La machine remplace les hommes. Ou plutôt, elle les aide car Christian Duchemin s’est engagé à ne pas licencier. « Nous programmons d’augmenter notre volume de 10 % dans les deux ans à venir. Sur les cinq dernières années, nos prix de vente n’ont pas augmenté. Nous devons nous développer pour diluer nos charges », explique Christian Duchemin. L’outil contribue à l’objectif de qualité de l’entreprise, « la vue est le premier critère d’achat. Nous nous battons davantage sur la qualité que le prix », résume l’agriculteur-entrepreneur. Vincent Motin, Réussir-L’Agriculteur Normand
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