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SÉCHAGE ET STOCKAGE DU GRAIN

Sécher des gros volumes à basse température

Les cellules sécheuses, qui chauffent à faible température, privilégient la qualité du grain au débit de chantier. Volumineuses, elles peuvent aussi faire office de stockage.

05 octobre 2009 Gaëtan Coisel Vu 4135 fois

Les séchoirs continus ou à recirculation laissent la place à des systèmes nettement moins coûteux à l’achat et en énergie. Il s’agit de cellules sécheuses qui conservent davantage la qualité du grain par un séchage doux et homogène. Elles sont certes moins performantes en termes de débits de chantier, mais offrent une capacité de séchage et de stockage plus importante. Il en existe deux types : les cellules avec séchage par brassage et celles avec séchage sous le toit.

PAS SEULEMENT POUR LE MAÏS

Même si 80 % des cellules sécheuses sont vendues pour le maïs, le reste est utilisé pour les céréales ou protéagineux. Certains agriculteurs situés dans le Nord de la France s’en équipent de façon à assurer la qualité du grain lors de la récolte, notamment en cas de contrat de meunerie. Ils sont moins dépendants des aléas climatiques et des organisations de chantier de récolte difficiles, notamment en cas de partage de la moissonneuse-batteuse à plusieurs.

DEUX SYSTÈMES BIEN DISTINCTS

Le système par brassage nécessite le remplissage complet de la cellule, avant la mise en route du séchoir. Une fois pleine, le temps de séchage dure de trois à sept jours, suivant le taux d’humidité du grain et la quantité à sécher. La température de séchage oscille autour des 50- 60 °C, pour une meilleure conservation de la qualité du grain. Le seul bémol reste l’humidité au centre de la cellule qui est plus ou moins conservée (phénomène accentué suivant les modèles), car le grain ne peut être ventilé que par le plancher perforé au niveau de la trappe de vidange.De plus, le phénomène de brassage tend à ne faire remonter que le gros grain au détriment du petit grain, du grain cassé et des impuretés qui s’accumulent dans la partie non remuée de la cellule, c’est-à-dire en bas. A contrario, dans les cellules avec séchage par le toit, le séchage s’effectue par couche, dans la partie haute de la cellule sur un plancher chauffant. Le remplissage complet de la cellule n’est alors plus nécessaire. Le reste de la cellule est consacré au refroidissement du grain et à son stockage sur un plancher perforé ventilé. Le temps de séchage est alors plus court (2,5 à 6 heures),mais nécessite une intervention régulière de l’agriculteur. Le débit de chantier est plus important qu’avec une cellule sécheuse par brassage. La température de séchage est également légèrement plus élevée, de l’ordre de 70-80 °C, n’altérant pas pour autant la qualité du grain.

 

SECHAGE PAR BRASSAGE

Le chargement des cellules sécheuses par brassage s’effectue par le toit. La répartition du grain est assurée par un disperseur rotatif. Le fonctionnement de la cellule repose sur un ou deux ventilateurs-brûleurs qui propulsent l’air chaud, à travers un plancher perforé. Sur certains modèles, un second ventilateur en dépression, sur le haut de la cellule, assure une parfaite circulation de l’air. L’évacuation de l’air chaud saturé se fait par de simples aérateurs protégés, situés sur le toit. Le long de la paroi, des gaines perforées évitent tout phénomène de condensation. Le grain ne colle donc pas aux parois de la cellule. Chez certains constructeurs, elles sont d’ailleurs complètement isolées.

L’air chauffé à 50-60 °C est délivré par des brûleurs.Un capteur de température situé au niveau du plancher contrôle automatiquement leur mise en route ou leur arrêt.

Plusieurs vis verticales agitent doucement le grain durant le séchage et le remontent, sec, vers le haut du tas. Ces vis sontmontées sur une poutre qui repose sur un axe central et sur un chemin de roulement périphérique, de façon à parcourir en intégralité le contenu de la cellule. Plusieurs heures sont nécessaires avant que les vis ne réalisent le tour complet de la cellule. La vidange s’effectue par le fond de la cellule. Une trappe est alors tirée depuis l’extérieur. Une vis racleuse pivotant autour du même axe que les vis brasseuses contribue à la vidange complète de la cellule.

Ce type de cellule peut sécher et stocker de 85 à 700 tonnes de grain. Les constructeurs Sukup — distribué en France par la société Agriconsult basée à Darois en Côte-d’Or (21) — GSI, Neko — distribués en France par la société Jamaze située à Chauvigny dans la Vienne (86) —, et les établissements Hervé basés à Chantonnay (85), proposent des cellules de séchage par brassage.

Combien ça coûte : 35 000 à 70 000 euros + 8 000 à 10 000 euros de montage.

 

SECHAGE PAR LE TOIT

Le grain humide est chargé dans le haut de la cellule sur un faux plafond. Une fois la couche uniforme de grain formée sur ce faux plafond perforé chauffant (75 cm suffisent pour réaliser un séchage homogène), le ventilateur-brûleur envoie de l’air chaud (70 à 80 °C environ) au travers de la couche de grain humide. L’humidité est alors évacuée vers l’extérieur, par des ouvertures à la base du toit. Arrivé à température, le grain chaud est basculé automatiquement par des trappes de vidange vers le niveau inférieur de la cellule, laissant place à un nouveau chargement humide. Un nouveau cycle de séchage peut alors démarrer, pendant qu’un ventilateur faisant circuler l’air extérieur au travers d’un plancher perforé refroidit le grain. Cette chaleur est recyclée pour faciliter le séchage du grain humide situé juste au-dessus.

Ce type de cellule peut recevoir de 5,5 à 50 tonnes de grain par cycle de séchage et stocker de 125 à 700 tonnes, selon les modèles. Les constructeurs GSI et Stormor proposent des cellules de séchage par le toit. Elles sont distribuées en France par la société Jamaze (85).

Combien ça coûte : 50 000 à 80 000 euros + 10 000 à 20 000 euros de montage selon les modèles.

 

 

 
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